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Haïti, pays organisateur de la Coupe du monde de football 2038 : entre fierté et euphorie, un devoir de mémoire.

Haïti, pays organisateur de la Coupe du monde de football 2038 : entre fierté et euphorie, un devoir de mémoire….

By Mickelson Thomas , in Contributions , at September 20, 2018 Tags: , ,

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Haïti, pays organisateur de la Coupe du monde de football 2038 : entre fierté et euphorie, un devoir de mémoire.

Par Mickelson Thomas | 17 juin 2030

Huit (8) ans plutôt, en février 2022, dans son discours d’investiture, le Président haïtien, Audacius  LAVENTURE, conscient des enjeux de la géopolitique sportive de l’heure et mettant en avant le principe de rotation légitime, avait annoncé qu’Haïti allait se porter candidate à l’organisation de la Coupe du monde de football masculin de 2038 ; proposant, dans une démarche de responsabilité partagée, de s’associer à la République Dominicaine, à Cuba, et à la Jamaïque.

haiti_president_audacius
7 Février 2022: Investiture du Président Laventure

Nous reproduisons l’extrait des propos historiques du Président LAVENTURE sur le dossier:

« Mes promesses de campagne en ce qui concerne le domaine de la Jeunesse et des  Sports demeurent inchangées. Alors que nous plaçons en cette journée historique et solennelle, les bases d’un nouveau projet de société, une société dans laquelle, le rôle de la Jeunesse est à n’en point douter, incontournable, je prends par devant vous aujourd’hui, l’engagement de porter la candidature d’Haïti pour l’organisation de l’édition 2038 de la Coupe du Monde de football masculin ! Que les propos de Henry Becque scellent ma promesse, et je cite : “Il y a des engagements si sérieux qu’un homme perd son honneur à ne pas les remplir.” »

Sa proposition ayant rencontré l’adhésion de ses homologues fut officialisée trois (3) mois plus tard, dans une conférence de presse conjointe, le 20 Mai 2022, à l’occasion de l’anniversaire de naissance de l’internationaliste, Toussaint LOUVERTURE.

Gianni Infantino en Haiti
Gianni Infantino en Haiti

Nous nous rappelons qu’à l’annonce de cette candidature, le Président de la FIFA, Gianni Infantino, eut à déclarer :

« Ce ticket Caribéen pour l’organisation de la Coupe du monde 2038 est la meilleure chose qui puisse arriver au football et à la région ».

Dans la foulée des réunions de préparation, le Président de la FIFA s’est rendu, lors d’une visite de trois (3) jours en Haïti les 13, 14, 15 Août de la même année, pour s’enquérir de l’état d’avancement du processus de candidature et rencontrer les quatre (4) chefs d’état qui s’étaient mis d’accord, nonobstant les conditions sécuritaires, politiques et économiques propres à chaque pays, pour proposer à la Fifa deux (2) sites pour Haïti, deux (2) pour la République Dominicaine, trois (3) pour Cuba et cinq (5) pour la Jamaïque; soit un total de douze (12) stades pour accueillir les quatre-vingts (80) matchs sur 32 jours de compétition, tel qu’on procède depuis l’édition de Qatar (2022), remportée, se souvient-on, par la sélection Américaine.

Cette proposition de répartition des stades a beaucoup pesé dans la balance lors du vote d’attribution de la Coupe du monde, car elle cristallisait déjà une démarche de coopération et de responsabilité collectives permettant, non seulement, de mieux faire accepter les dépenses publiques auprès des populations respectives; mais aussi, d’absorber de manière efficiente les investissements et efforts à consentir concernant la logistique infrastructurelle.

Construction du Stade Macaya dans le Sud | 2030

Face à l’explosion des coûts d’organisation et des lourdes charges qui y sont inhérentes, cette coopération qui s’est articulée autour des principes d’inclusion, de transparence, et d’une gouvernance interopérable a conduit au résultat que nous espérions; lorsqu’en marge de l’ouverture de cette édition 2030 de la coupe du monde qui se tiend Uruguay, en Argentine et au Paraguay, la Fifa annonçait l’attribution de la coupe du monde de 2038, au ticket caribéen. (HAREDOCUJA).

Les répercussions politiques et économiques positives liées à cette quadruple candidature seront certainement réaffirmées chez les quatre (4) protagonistes. En témoignent, les chiffres suivants:

  • Depuis le début de l’année, mis à part les routes, téléphériques, métros, chaines de magasins, auberges et hôtels que nous connaissons aujourd’hui dans le Nord, le Plateau Central et le Sud du pays, conséquemment aux préparatifs ayant suivi l’annonce de notre candidature en 2022, les 6,5% de croissance prévus en Haïti ont été largement dépassés atteignant les 9%. Un record historique.
Vue sur Port-au-Prince depuis le morne l'Hôpital (2030)
Vue sur Port-au-Prince depuis le morne l’Hôpital (2030)
  • Les infrastructures développées autour des deux enceintes flambantes neuves proposées par Cuba répondent aux normes internationales et leur achèvement est prévu pour le premier trimestre de l’année 2038, avant le coup d’envoi de la compétition.
  • La République Dominicaine dont l’économie a maintenu un rythme de croissance soutenu de 2024 à 2028, devrait clôturer l’année 2029 avec une croissance économique aux alentours de 8,5%. Aussi, a-t-elle pu consentir, avec ses moyens financiers importants, des investissements massifs dans l’infrastructure touristique en construisant des hôtels, des centres de villégiature, ainsi que des projets résidentiels moyens et haut de gamme pour tous les goûts et pour toutes les bourses.
  • La Jamaïque, dont la situation sécuritaire s’est fortement améliorée, a bénéficié d’une stabilité politique et économique favorisant des investissements étrangers de centaine de milliards de dollars entre 2025 et 2029. Elle a su donner des garanties tangibles sur son maillage sécuritaire et ses infrastructures de transport, prouvant qu’elle sera une co-organisatrice importante étant donné, en plus, son poids sportif et footballistique dans la région.

En outre, le marché économique caribéen, qui avait du mal à exister sur l’échiquier international, a amorcé un décollage régionaliste et multilatéral irréversibles, favorisant une coopération politique fonctionnelle et une coordination harmonieuse de politiques économiques extérieures entre ses membres.

Il faut se rappeler que la région doit également à cette candidature ces trois (3) décisions historiques:

  1. la libre circulation des biens et des personnes dans la région;
  2. l’adoption du créole et du français comme langues officielles de la CARICOM ; et
  3. le protocole d’accord de libre-échange avec les Etats-Unis et l’Union Européenne.

Ce dernier point a, sans nulle doute, été décisif dans l’attribution du ticket au quatuor caribéen, qui a brillamment démontré que la dynamisation tourisme et la revitalisation du commerce avec l’international par la promotion des échanges avec les entreprises caribéennes, auront un impact à moyen et long terme pour les investissements colossaux consentis.

Entrée Nord de la Capitale à Hauteur de Canaan, 2030
Entrée Nord de la Capitale d’Haïti à Hauteur de Canaan, 2030

L’engouement suscité par l’annonce faite huit ans plus tôt, et le vote subséquent des pays sud-américains et africains en faveur de cette candidature caribéenne pour le Mondial 2038 ont une portée symbolique non négligeable, en ce sens qu’ils renforcent l’idée d’un contexte hémisphérique changeant ; et le signal fort qu’Haïti et Cuba, qui ont pu se transformer en des modèles de transition démocratique pérenne à l’instar de la République Dominicaine et de la Jamaïque, peuvent jouer un rôle prépondérant dans la marche de l’histoire mondiale, dans ce que nous pouvons appeler : « une véritable géopolitique de reconnaissance ».

Il reste encore huit bonnes années aux quatre mousquetaires pour faire peau neuve, bâtir leurs stades et toutes les infrastructures nécessaires à l’accueil des millions de supporters de centaine de pays, qui vont, dans une ambiance indescriptible, gouter à la légendaire hospitalité caribéenne.

Chantier de construction du stade Henri Christophe, à l’entrée de la Ville du Cap-Haïtien, 2030

Cependant, au-delà des grands chantiers en perspectives, il convient de se souvenir de celui de la mise en place d’une équipe compétitive dans la foulée de l’initiative baptisée : « Opération 2030 » qui a vu le pays finir troisième de l’hexagonale, synonyme de qualification pour la coupe du monde 2030. Notre élimination en seizième de finale n’entamera nullement la marche en avant de ces jeunes, une moyenne d’âge de  vingt-et-un (21) ans, issus des quatre (4) centres nationaux régionaux de talents sportifs construits dans le pays.

Portés par un peuple entièrement acquis à leur cause, les Grenadiers, autour de leurs nombreuses superstars mondiales qui font le bonheur des plus grands clubs nord-sud-américains et européens, auront à cœur de briller dans cette édition à domicile. Le petit prodige, Max Wilfrid Dessalines (18 ans), qui vient juste de signer un contrat de 500 millions de dollars au F.C. Barcelone, est la tête de proue de cette équipe ambitieuse qui ne s’interdira aucun sacrifice pour faire vibrer les haïtiens durant la compétition.

Cependant, le devoir de mémoire qui aujourd’hui s’impose à nous, au-delà de cette euphorie qui imprègne désormais notre quotidien, doit trouver son accomplissement en l’honneur de l’ancien Président Audacius LAVENTURE, qui, contre toutes attentes, a su emprunter le chemin du Sport pour prouver au monde entier que le développement réel et durable doit nécessairement participer de l’implication de la Jeunesse, force vive de toute nation.

Qui est Audacius LAVENTURE ?

HAITI-POLITICS-ELECTIONS

Auteur : Mickelson THOMAS
Source : Société des Amis du Sport (SAS)
www.sasport.org/ht