Tuesday, December 10, 2019
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Un avion s’écrase avec 120 Haïtiens à bord

L’appareil transportait 120 personnes, dont les 2 pilotes, 4 hôtesses, 3 passagers en classe affaires et 111 en classe économique. Ce que nous savons de l’accident.

By Max Guybert Lyron , in Featured Gouvernance Société , at April 17, 2019 Tags: , , , ,

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⚠️ Je me suis excusé auprès de tous ceux qui ont été choqués par le titre.
Je suis moi-même choqué après les commentaires de ceux qui s’en prennent à la formulation du titre en pensant à un proche en voyage par exemple, et qui font fi de la réalité décrite, celle d’un pays au bord de l’effondrement.
Cette terre, je le rappelle, nos ancêtres l’ont payée de leur sang.
Nous sommes 12 millions d’Haïtiens pris en otage d’un système qui court à sa perte, et cela ne semble pas nous choquer autant … On continue avec la tergiversation, la routine, comme cet égoïsme qui nous caractérisent depuis peu.
Savons-nous combien meurent régulièrement ces derniers jours à La Saline par exemple ? Je vais vous dire pourquoi cela ne nous choque pas autant: … parce que justement, il y a très peu de chances qu’un proche, un ami ou un parent soit concerné…
Rappelez-vous que ce sont aussi des Haïtiens, des frères… mais ils ont peut-être très peu de chances de se retrouver sur un avion.
Cet article m’a aidé à comprendre effectivement que le dépassement nécessaire pour aboutir à cet élan de solidarité et d’unité indispensable au renversement du statu quo est encore loin de se réaliser.
Je renouvelle mes excuses auprès de ceux que le titre “affecte” ; mais à ces excuses je joins mes remerciements, car certains commentaires m’ont aidé à comprendre qui nous sommes vraiment.

Max Guybert Lyron

L’appareil transportait 120 personnes, dont les 2 pilotes, 4 hôtesses, 3 passagers en classe affaires et 111 en classe économique. Ce que nous savons de l’accident.

Dure période pour la navigation aérienne, après les récents incidents malheureux impliquant les appareils MAX8, c’est un avion de ligne transportant 120 haïtiens qui vient tout juste de s’écraser au large des côtes Nord d’Haïti.

Premiers éléments d’information

On ignore précisément les causes de ce drame, mais les premières informations suggèrent qu’il y aurait eu avant même le décollage un souci de maintenance avec le moteur droit de l’appareil qui devrait être résolu bien avant le décollage, ce qui occasionnerait un retard de 3 heures sur ce vol à destination de Miami.

Toutefois, un employé de l’aéroport de Port-au-Prince affirme avoir vu les 3 passagers en classe affaires exercer de fortes pressions sur les pilotes pour les contraindre à faire voler l’appareil avant même d’avoir résolu la panne technique en raison d’une réunion d’importance aux États-Unis. Les vives discussions avec les autres passagers n’auraient pas réussi à les convaincre de placer la sécurité avant leur agenda.

Malgré ce vacarme à l’aéroport, les hôtesses auraient tout de même réussi à persuader les passagers à embarquer, et auraient, selon les témoignages, proposé aux principaux protestataires quelques places en classe affaires, avant que les pilotes eux-mêmes viennent attester que le problème ne devrait pas représenter un danger pour le vol. Les registres confirment toutefois que 13 passagers avaient renoncé à l’embarquement.

Ce que nous savons du crash

Le site Flight Radar 24 confirme que le vol a décollé à 07:54 UTC, mais a disparu sur les écrans radar après 17 minutes. Un correspondant de l’aéroport du Cap-Haïtien confirme le crash d’un avion de ligne un peu au large des côtes immédiatement après le bruit d’une explosion sourde que plusieurs riverains ont signalé. Les images horribles de l’épaisse fumée noire résultant de l’explosion probable du moteur droit commencent à circuler sur les réseaux sociaux. Nous savons pour l’heure qu’une équipe d’experts internationaux est déjà en route pour les premières évaluations.

L’identité des passagers révélée

Les 111 passagers en classe économique étaient pour la plupart, des étudiants, des petits commerçants, des professeurs, des fonctionnaires publics, des jeunes… qui n’ont pas pu se payer un billet en business. C’est peut-être toi. Ou moi. Nous subissons par différents moyens (rareté provoquée, inflation, …) les pressions des nantis au péril de notre existence. Les 13 ayant renoncé à l’embarquement sont ceux qui ont opté pour l’abandon ; nous ne saurions les juger. Nos protestations n’ont pas suffi à convaincre du danger, ces 3 riches qui ont même payé le silence de nos chefs de file.

Les 3 passagers en classe affaire

Ces fortunés sont quelques cupides hommes d’affaires qui, malgré tout, ont voulu et réussi à contraindre les pilotes de faire voler l’appareil malgré le risque élevé que cela entrainait. Aveuglés par leur importante réunion d’affaire, ils n’ont pas compris que certaines négligences auraient des conséquences sur l’ensemble de l’équipage. Leur agenda et intérêts ne sont ni les nôtres, ni ceux du pays.

Des pilotes irresponsables.

Ceux-là, ce sont nos dirigeants. Au lieu de suivre leur conscience professionnelle ou la voix de la majorité et de la raison, ils ont préféré plaire à ces 3 « patrons », comme s’il était possible pour eux de se sauver en cas d’accident. Eux aussi en ont payé le prix fort.

Ah.. ces hôtesses…

Les hôtesses, ce sont d’une part ces institutions, ces médias dénaturés, ces organisations qui se livrent à des compromis dégradants avec le secteur des affaires comme de la classe politique, pour nous présenter un tableau apparent de la situation. De l’autre, ce sont ces individus aveuglés par quelques miettes qui affirment au quotidien qu’« Ayiti Pa m nan diferan… » ou qui choisissent à volonté quelle jolie « face d’Haïti » présenter au reste du monde, faisant fi de la gravité de l’heure.

L’appareil

Bien évidemment, l’appareil c’est Haïti. Piloté par des irresponsables, contrôlé par des riches obscurantistes, supporté par des institutions affaiblies, le pays court à sa perte. Et personne n’en sera épargné. Si nous ne le comprenons pas encore, le bon sens devrait pour le moins nous servir de guide.

Les experts internationaux

Après le drame, sachez mes frères qu’il y aura toujours l’international qui viendra raconter notre histoire à la lumière des données des « boites noires ». Nous serons ainsi un cas d’étude. Les investigations révèleront peut-être le dysfonctionnement explicitant les circonstances de l’accident, mais ne pourront jamais expliquer la cause profonde que nous seuls pouvons saisir…

Si le titre vous a choqué, sachez que la situation du pays aujourd’hui ne devrait nullement nous laisser indifférents. Nous sommes au bord de l’effondrement, et seule une prise de conscience réelle, saisie et matérialisée peut nous éviter la catastrophe. Choisirons-nous d’être les artisans de notre propre destruction ?

Max Guybert Lyron

Max Guybert Lyron, est un professionnel de la communication sociale et visuelle. Son style original est celui du storytelling pour porter les plus simples esprits à comprendre des réalités parfois complexes. Actuel Directeur exécutif d’OpenGouv Haïti et Secrétaire général de l’Observatoire du Numérique en Haïti, Max est connu pour ses réalisations dans le secteur de la gouvernance du numérique. Alum de Saint-Louis de Gonzague et de la FASCH-UEH, il s’est en outre immergé en formation exécutive au niveau de plusieurs établissement internationaux notamment l’Université d’Ottawa (Gestion de projet), de Montréal, le MIT (big data and Social Physics), Harvard, l’Université de Californie ou encore l’ENAP du Québec (gouvernance et développement). Jeune marié, Max est conducteur d’église (adventiste), Vice-président d’Alelouya Ministries, musicien, photographe.