Tuesday, December 10, 2019
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Un conseiller numérique pour Trump

Ce poste de conseiller numérique, créé par Barack Obama, était vacant depuis deux ans. Michael Kratsios est notamment attendu sur les enjeux relatifs à la 5G et à l’intelligence artificielle.

By Max Guybert Lyron , in Gouvernance Technologie , at March 22, 2019 Tags: ,

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Ce poste de conseiller numérique, créé par Barack Obama, était vacant depuis deux ans. Michael Kratsios est notamment attendu sur les enjeux relatifs à la 5G et à l’intelligence artificielle.

Un CTO à la Maison-Blanche. Donald Trump a promu ce jeudi Michael Kratsios à la tête de la politique technologique et numérique de son administration. Un poste de « chief technology officer » créé sous la présidence de Barack Obama, mais laissé vacant depuis deux ans.

La mission consiste à conseiller le président sur les enjeux technologiques, à faire le lien entre le public et le privé et à façonner les réformes en la matière – une feuille de route qui s’approche, en France, de celle du secrétaire d’Etat au numérique.

Âgé de trente-deux ans, Michael Kratsios fut notamment l’un des cadres de la société de gestion de Peter Thiel, le milliardaire ultraconservateur qui compte parmi les  seules figures de la Silicon Valley à soutenir ouvertement Donald Trump.

Technophobie

Conseiller un président à la limite de la technophobie – il n’utilise pas les e-mails – et très critique envers les géants du secteur pourrait s’avérer délicat. Mais Michael Kratsios évolue dans l’administration Trump depuis le début de son mandat et semble jusqu’à présent faire consensus, même dans l’opposition démocrate.

« Cela me donne de l’espoir. Rien dans nos discussions n’a pu me faire penser qu’il était partisan », souligne auprès de Bloomberg Aneesh Chopra, le premier à avoir occupé la fonction de « chief technology officer » sous l’administration Obama en 2009.

Michael Kratsios, qui définit sa mission comme le fait de « comprendre le message du président et le traduire dans l’agenda politique de la technologie », s’est notamment distingué dans la politique mise en oeuvre en matière d’intelligence artificielle pour répondre au plan Made in China 2025 conduit par Pékin.

Tour de vis

« Ils [la Chine, NDLR] disposent de caméras à chaque coin de rue et reversent ces data aux compagnies privées. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas de bases de données extrêmement valorisables », explique Michael Kratsios. Son principal fait d’armes : un décret, signé par Donald Trump en février, qui enjoint les agences indépendantes à mettre leurs bases de données à la disposition des chercheurs et des entreprises.

Celui qui fait figure de modéré au sein de l’administration du président n’a pas non plus hésité à s’opposer à son propre camp. Il a ainsi fermement contredit la proposition du comité de campagne Trump 2020 de confier au gouvernement fédéral le contrôle des infrastructures 5G, préconisant une approche « de libre concurrence ».

Michael Kratsios ne devrait pas, en revanche, prendre part au tour de vis qui s’annonce du côté des géants de la tech. Celui-ci devrait être réservé à la Federal Trade Commission (FTC), qui  vient de mettre sur pied une « task force » pour examiner les pratiques concurrentielles des grandes entreprises du secteur. L’agence de protection des consommateurs va passer au crible les fusions et acquisitions – passées et futures – des groupes et s’apprêterait à infliger une lourde amende à Facebook.

Avec Les Echos