Tuesday, December 10, 2019
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« Vertières »: un idéal trahi

À l’occasion des 215 ans de la Bataille de Vertières Lecture : 2 minutes 215 ans après cette fameuse bataille…

By Max Guybert Lyron , in Gouvernance Société , at November 18, 2018 Tags: , ,

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À l’occasion des 215 ans de la Bataille de Vertières


Lecture : 2 minutes

215 ans après cette fameuse bataille qui a mis fin à la conception scientifique et religieuse de la non humanité de l’Homme à la peau brune ou noire, qui a renversé un système oppressif axé sur l’esclavage et le trafic tribal massif, qui a contraint les gouvernements à reconnaitre les droits humains au-delà des indicateurs anthropométriques, qui a donné naissance à la première République de Noirs libres et rendu la dignité et la liberté à d’autres peuples du territoire latino-américain, où en sommes-nous ?

Nous sommes ce peuple de l’Amérique qui est la première référence de la misère, du sous-développement, de la corruption et de l’instabilité sociopolitique et économique.

Nous sommes encore ce peuple de l’Amérique en quête d’indépendance du néocolonialisme, ce peuple en quête de l’application de sa devise nationale prônant : « liberté, égalité et fraternité » ;

Ce peuple en mal d’être, qui erre à la surface du globe en quête de subsistance.

Nous sommes ce peuple, sans souveraineté, qui meurt. En d’autres termes, nous sommes ce peuple qui vit avec un idéal trahi. Par ses filles. Ses fils aussi. L’idéal de Vertières.

L’idéal de Vertières était que les humains réduits en esclavage trouvassent leur liberté, et non qu’ils changeassent de propriétaires ;

C’était que l’État exerçât un leadership visionnaire sur le peuple et pour peuple, et que l’élite soutînt et renforçât l’État, et non que ce dernier fût un malvoyant ou que l’élite affaiblît l’État ;

C’était aussi que les conditions humaines sur le territoire national élevassent à la dignité, et non qu’elles fussent un scandale nauséabond ;

C’était qu’Haïti fût une voix puissante et eût eu une place de choix dans le concert des nations, et non qu’il fût la risée des nations!

L’idéal, certes, a été trahi. Cependant, le crime peut être réparé, pour faire respecter ce pacte que nos Ancêtres ont gravé dans leur chair et avec leur sang ; ce pacte qui voulait, entre autres, que l’équité et la justice sociale soient au cœur de la gouvernance publique.

Le crime ne sera pas réparé avec des discours propagandistes et/ou anarchistes, encore moins avec des décisions qui ne visent en quelque façon, les intérêts nationaux.

Au-delà de toute dette morale ou d’un désir de continuer à marquer l’Histoire, restaurer l’idéal de Vertières est loin d’être un choix, c’est un impératif catégorique qui relève d’une nécessité liée premièrement à notre survie en tant qu’humains, puis en tant que Peuple.

Cet impératif, c’est pour aujourd’hui, durant ces heures très sombres de notre histoire, où nos espoirs semblent être perdus, alors que nous nageons vers un bourbier, tel un peuple de mourants.

Max Guybert Lyron | 18-11-18