Désinformation : doit-on redéfinir la vérité ?

Discerner le vrai du faux devient de plus en plus difficile. Mais à la faveur des nouveaux médias, vérités et mensonges se partagent souvent des histoires.

Max Guybert Lyron

Si l’on se réfère à la compréhension fonctionnelle de Bourgues, le rôle des médias serait d’informer, de cultiver et de distraire. Cependant, la vocation première d’informer est davantage mise à mal avec le phénomène de la désinformation, exacerbé par la prolifération des nouveaux médias et sites d’information. Entre autres.

La désinformation ou cette information erronée qui déforme la réalité constitue donc un problème majeur à la consommation même de l’information. D’une part, elle altère les faits dans leur précision ou les circonstances de leur occurrence, de l’autre, elle souligne des enjeux sociétaux majeurs. Ainsi, la propagation massive d’une fake-news, rumeur ou demi-vérité, vaut information. Une information capable de susciter des boulverserments au sein du corps social.

Toutefois, outre les sites d’informations dont la méthodologie devrait davantage obéir aux principes journalistiques, un sous-secteur de la communication favorise la désinformation : les relations-publics. Lorsqu’il s’agit pour une institution de communiquer publiquement sur un fait, le risque des « deux vérités » est omniprésent : les événements dans leur fidèle déroulement, ou la version officielle.

C’est d’ailleurs l’accentuation de ce problème qui nous interpelle. Toute communication officielle ou publique, contrairement au journalisme, poursuit des objectifs de communication spécifiques. Dans la majeure partie des cas, nous assistons à une reformulation tendancieuse des faits ou tout simplement, selon la sensibilité du sujet, des omissions et altérations de la vérité par manipulation des données factuelles.

Cette nouvelle forme de désinformation pose davantage de problèmes aux médias professionnels ou encore, les structures de fact-checking qui se donnent pour responsabilité de confirmer la véracité des informations. Ces dernières s’appuient en principe sur l’observation empirique des événements, des enquêtes minutieuses ou à la limite, des témoignages concordants de sources sûres.

Mais à défaut, il demeure l’alternative du discours [fidèlement] rapporté par toute structure crédible. Dans ces cas précis, il est indéniable que  le travail des organes de vérification des faits se trouve davantage mitigé, au regard notamment de « la vérité » à communiquer. Si « cette vérité » a une certaine valeur institutionnelle, elle ne l’est pas autant pour les « journalistes citoyens », qui souvent, arrivent à prouver le contraire.

En dépit de la complexité du problème, la notion de responsabilité devraient servir de guide à toutes les parties impliquées dans les processus de transmission de l’information, chacun en ce qui le concerne : la déontologie au service des médias, l’éthique à l’usage des institutions, et l’éducation aux médias pour outiller les citoyens à la consommation de l’information.